Présidentielle US : Attention «chien enragé» !

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Court mais passionnant papier de Gilles Munier. les analyses de Gilles Munier divergent sensiblement des nôtres. Elles restent, cependant indispensables à une bonne compréhension de ce qui se passe dans cette partie de l’Orient compliqué. Alors, comme toujours en pareil cas : bonne lecture…

Dans la campagne présidentielle américaine, les néo-conservateurs jouent double-jeu. Ils soutiennent, faute de mieux, Hillary Clinton et tentent en même temps de convaincre James Mattis*, un général des Marines à la retraite très anti-iranien, de faire acte de candidature. Ils espèrent ainsi barrer la route à Donald Trump, trop isolationniste à leur goût, ou tout du moins faire pression sur lui pour qu’il choisisse Mattis comme colistier.

James Mattis, 65 ans, ancien chef du CentCom (Commandement des forces américaines au Moyen-Orient) – surnommé Mad Dog, chien enragé – n’est pas du genre manipulable, mais il ne leur a pas dit non. Les néo-cons, soutenus par une poignée de milliardaires, ont donc formé une équipe de spécialistes des comportements électoraux pour préparer l’opinion US à son éventuelle candidature.

John Nooman, ancien collaborateur de Jeb Bush qui en fait partie, est passé à l’attaque en traitant Trump de « fasciste lunatique » et Hillary Clinton de candidate ayant déjà « un pied dans une cellule de prison » ! Il se dit prêt à supplier le général Mattis de se présenter pour « sauver l’Amérique »…

Pour l’instant, James Mattis fait campagne contre l’Iran. À Washington, devant le Center for Strategic & International Studies, il a accusé le « régime de Téhéran » d’être une « menace durable pour la stabilité et la paix au Proche-Orient », pire que l’État islamique ou Al-Qaïda

Ses déclarations recoupent presque mots pour mots celles du général Lloyd Austin**, actuel chef du CentCom, qui dit que les Proche-orientaux « sont préoccupés par les capacités (des Iraniens) dans le cyber, leur aptitude à miner les détroits, et par les activités nuisibles de la force Qods des Gardiens de la révolution ».

Certes, les négociations de Genève sur le nucléaire ont permis de lever les sanctions internationales contre l’Iran, mais pas toutes celles décidées aux États-Unis. Ces derniers jours, Ali Khamenei1 a accusé les Américains d’« alimenter l’islamophobie » pour dissuader les entreprises étrangères de travailler en Iran. Quel que soit le résultat de l’élection présidentielle US, il y a fort à parier que le « régime de Téhéran » demeurera une des cibles privilégiées de la future administration américaine.

| Notices biographiques additionnelles de BforBORDE

* Le général James N. Mad Dog Mattis ancien Marine fut le 11ème patron du US Central Command (CentCom). Grand apôtre de la stratégie anti-insurrectionnelle (COIN), il remplaça à ce poste le 11 août 201, général David H. King Petraeus2, en délicatesse avec le Barack H. Obama. Mattis quitta le service actif le 22 mai 2013, après 44 ans passés sous les drapeau.

** Le général Lloyd Austin III, né le 8 août 1953, est un officier de l’Armée de terre US. A occupé le poste de Vice-Chief of Staff of the US Army de janvier 2012 à mars 2013, date à laquelle il passe à la tête du US Central Command (CentCom).

© http://www.france-irak-actualite.com/2016/04/presidentielle-us-attention-chien-enrage.html.

Notes

1 Le Rahbar-é-Enqelâb (guide de la révolution), l’Ayatollah Sayyed Ali Hossaini Khâmeneî.

2 Patron de la Force internationale d’assistance & de sécurité en Afghanistan (IsAf, 2010-2011), directeur de la CIA (2011-2012) et, à ce titre, Director of National Intelligence (DNI), un des principaux théoriciens US de la guerre asymétrique.

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