Al-Nosra, pièce centrale de la guerre d’usure américaine en Syrie ?

| Guerre Vs Daech | L’Orient-Le Jour | Lina Kennouche |

Depuis décembre 2015, les États-Unis auraient délivré, selon Jane’s, 3.000 tonnes d’armes & de munitions à des groupes rebelles, infiltrés, sur le terrain, par la branche syrienne d’Al-Qaïda.

Le 21 avril, le secrétaire général de l’Otan, Jens Stoltenberg, a officiellement annoncé que la Russie maintenait une « présence militaire considérable » en Syrie en dépit de son désengagement partiel – une déclaration qui semble s’inscrire dans la stratégie américaine de la guerre d’usure en Syrie.

Dès le départ, Washington était au fait du nouveau contexte opérationnel marqué par la profondeur de l’implication russe en Syrie à travers le rôle des experts militaires dans l’encadrement renouvelé de l’armée syrienne et la restructuration du 4e corps de la troupe, sauf que l’annonce du patron de l’Otan est intervenue à la suite d’une série de déclarations d’hostilité sur l’« agressivité russe » et la menace incarnée par le potentiel nucléaire de Moscou en Europe, après la remise en cause de l’accord américano-russe sur les termes d’une solution politique en Syrie. Dès le départ aussi, l’initiative diplomatique de Genève ne semblait pas sérieuse. Les préalables requis pour des résultats effectifs n’étaient pas réunis.

En dehors de l’adoption du cessez-le-feu le 27 février dernier, les autres points d’engagement sont restés lettre morte. D’une part, la Jordanie n’a jamais transmis la liste des groupes terroristes qu’elle avait pour charge d’établir. Et alors même que, dès le départ, les parrains régionaux de la crise devaient s’entendre sur la mise en place d’une délégation représentative de l’ensemble des forces d’opposition, y compris les Kurdes exclus de Genève, cette exigence a été écartée conformément à la volonté de Riyad.

Plusieurs éléments troublants semblent indiquer que, derrière la litanie des manœuvres dilatoires de la trêve et du paravent diplomatique de Genève, la guerre d’usure a pour but de reconfigurer les rapports de force pour modifier les termes de l’équation politique.

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