« Les mois difficiles », selon Nasrallâh

25 mai, 2016

| Liban/Hezbollah | Géostratéfie | L’Orient-Le Jour | Scarlett Haddad |

« Nous avons devant nous des mois difficiles ». Lorsque le secrétaire général du Hezbollah a lancé cette phrase dans un de ses derniers discours, il ne croyait pas si bien dire.

L’un des chefs militaires du parti, Moustapha Badreddine, n’avait pas encore été tué, mais Hassan Nasrallâh avait déjà compris que pour le Hezbollah, la situation allait devenir de plus en plus complexe. Alors que le Liban est plongé dans des élections municipales présentées comme des batailles existentielles, la situation dans la région se complique de jour en jour. La réunion de Vienne sur le dossier syrien s’est terminée sur un quasi-constat d’échec face à l’incapacité des deux délégations de trouver le moindre terrain d’entente. Ce qui laisse supposer que les combats qui font rage dans ce pays depuis plus de 5 ans vont se poursuivre et même connaître des développements dramatiques au cours des prochains mois. L’accord russo-américain dont il avait été question en avril entre les ministres des Affaires étrangères des deux pays, Sergueï Lavrov et John Kerry, et qui était supposé mettre la solution politique sur les rails semble compromis. Un diplomate occidental en poste à Beyrouth a ainsi précisé que le vent d’optimisme soulevé par l’accord russo-américain est en train de se dissiper, les opposants à cet accord ayant réussi à le vider de son contenu et surtout à gagner du temps pour empêcher l’actuel président américain, jugé trop mou dans les dossiers du Moyen-Orient, de parrainer la solution. Lorsqu’on lui demande qui il vise en parlant des opposants à cet accord, le diplomate occidental parle de l’Arabie Séoudite, de la Turquie et même d’Israël, qui, selon lui, ne serait pas disposé à faciliter un accord en Syrie s’il ne reçoit pas une solide compensation. Si l’Arabie saoudite et probablement la Turquie exigent, comme prix d’une solution en Syrie, la tête du président syrien Bachar el-Assad, Israël, lui, pourrait bien vouloir celle du Hezbollah. Et c’est là que les choses se compliquent pour le Liban.

[cliquer ci-dessous pour lire la suite]

http://www.lorientlejour.com/article/986727/-les-mois-difficiles-selon-nasrallah.html;

© L’Orient-Le Jour (19 mai 2016).

Facebooktwittergoogle_plusredditpinterestlinkedinmail