Kulturkampf & Guerre d’attrition ! Qui combat qui, au juste ? [1]

27 septembre, 2016

| Guerre Vs DA’ECH | Questions à Jacques Borde |

Du Kulturkampf à la Guerre d’attrition, la France est devenue, à son corps défendant, une pièce ajoutée du grand jeu au Levant. Dans l’ignorance quasi-totale des règles dudit jeu, qui combat qui & dans quel but ? 1ère Partie.

| Q. Vous en parlez souvent. Quel sens donnez-vous exactement au terme d’ennemi intérieur ?

Jacques Borde. Oui, c’est exact. En fait, ce concept recouvre deux catégories qui, dans leurs effets de nuisance envers la nation, se rejoignent…

| Q. Deux seulement ? Qui exactement ?

Jacques Borde. Oh, c’est assez simple, en fait :

Primo, tous ceux qui relèvent du terrorisme intérieur takfirî. Ce qui nous nous donne tous les terroristes passés à l’acte. Tous nos fichés de tous poils. Plus ceux qui ont affiché, peu ou prou, leur hostilité déclarée envers notre pays. Évidemment, à ce stade, comment ne pas penser aux critères mis en avant dernièrement par Sarkozy lorsqu’il nous dit que « ...Tout étranger suspecté d’être en lien avec une activité terroriste devrait être expulsé sans délai. Tout Français suspecté d’être lié au terrorisme, parce qu’il consulte régulièrement un site djihâdiste, que son comportement témoigne d’une radicalisation ou parce qu’il est en contact étroit avec des personnes radicalisées, doit faire l’objet d’un placement préventif dans un centre de rétention fermé » ?

À cela près qu’on se demande pourquoi quelqu’un qui n’a rien fait de positif sur ce dossier[1] pendant un quinquennat entier changerait du tout au tout et serait, d’un coup de baguette électorale, celui qu’il n’a pas été. Peut-on passer des pas de Daladier à ceux de Clemenceau aussi simplement ? Sans parler de ce qu’il a fait et que nous commençons à apprendre en lisant les bonnes pages de Buisson…

Secundo, tous ceux qui sont de l’autre côté de la barrière en quelque sorte.

| Q. De quelle barrière ? De qui parle-t-on, alors ?

Jacques Borde. De tous ceux qu’on peut inclure dans la catégories des kollabos du Takfir.

À ce sujet, faisons simple : je vous suggère de bien vous pénétrer des lignes qui suivent écrite par un homme de gauche Jacques Julliard qui écrit que « Chaque fois que la France est menacée dans son existence et dans ses raisons d’être, il se forme dans ses marges un parti collabo. Bourguignons de la Guerre de Cent Ans, frondeurs du début du règne de Louis XIV, émigrés de Coblence sous la Révolution, vichystes et pronazis de la Seconde Guerre mondiale. D’ordinaire, ce parti est d’extrême droite et se confond avec la réaction. Aujourd’hui, il est d’extrême gauche.
« C’est le parti du  »pas d’amalgame » à tous crins ; du  »vivre ensemble » à tout prix ; de  »la faute aux cathos » quand les islamistes égorgent ; c’est le parti de la minimisation ( »quelques actes isolés sans signification »), de la psychiatrisation ( »une poignée de déséquilibrés »), de la contextualisation ( »des victimes du racisme ambiant »), de la diversion ( »les fruits du colonialisme »), de la banalisation ( »le burkini est un vêtement comme un autre »). Tout est bon pour suggérer que ces crimes ne sont pas des crimes, mais des conséquences.
« C’est surtout le parti de la France coupable. Cette façon de faire son procès quand l’ennemi la calomnie, cette manière de lui tirer dans le dos quand elle est attaquée de face ; ce chauvinisme inversé qui l’accable quand elle est affaiblie ne porte qu’un nom, quels qu’en soient les auteurs : lâcheté ! Lâcheté !
« Quand la France connut en 1940 les jours les plus noirs de son histoire, le parti de la soumission, avec à sa tête le maréchal Pétain, ne trouva qu’une explication : la France est dans le malheur parce que la France est coupable ! »[2].

Une France coupable et des ennemis qui, Munich étant passé par là, n’en seraient pas vraiment ! Que nous serine-t-on de franchement différend depuis bientôt cinq ans ?

| Q. Mais combattre le terrorisme, c’est aussi un job à plein temps, non ?

Jacques Borde. Oui. À cela près que nous ne le faisons pas et ne le menons pas à son terme. Ne serait-ce que parce que nous n’avons toujours pas tiré les leçons des attentats de Paris, mais pas seulement. Visiblement, l’indolence reste la ligne de conduite. Notez, entre autres, que comme l’a rapporté Challenges, qu’on qualifiera difficilement de medium islamophobe, « ...La cellule stop djihâdisme du Service d’information du gouvernement a été dotée de dix collaborateurs »[3].

C’est sûr, on va encore allez loin avec ceux-là…

| Q. Vous caricaturez…

Jacques Borde. Moi, si vous voulez ! Mais, alors, écoutez plutôt ce qu’en dit le président de la commission d’enquête parlementaire sur les attentats de Paris, Georges Fenech, réagissant aux refus de militaires du dispositif Sentinelle d’engager les terroristes du Bataclan, parce que en attente d’ordres qui ne viendront jamais. Ah ! Cette foutue Boucle OODA[4] !

Qu’a donc dit de notable Georges Fenech ?

« Ce que je constate, c’est qu’il y a une passivité inexplicable, voire insupportable, des militaires en armes et en capacité d’ouvrir le feu ».

Pour faire court, et quoi qu’en dise leurs hiérarchie, ce jour-là, nos militaires ont davantage joué aux gardiens de square qu’à la Légion sautant sur Kolwezi !

Vous imaginez les FFL attendant des feux verts de cette nature avant de s’accrocher à Bir Hakeim[5] et nos FFI un mot de leurs parents avant de libérer Paris ?

| Q. Vous trouvez que la France n’est pas encore assez avancée dans sa lutte contre le terrorisme ?

Jacques Borde. Comment même se poser la question tant que Paris (comme Washington et les pays du CCG d’ailleurs) persistera à ne pas mettre tous les terroristes takfirî dans le même sac ? Comme dire que, d’un côté, on est en guerre contre le terrorisme et, de l’autre, estimer qu’une branche d’Al-Qaïda ait pu faire du « bon travail » ?

Rappelons que Jabhat an-Nusrah li-Ahl ash-Chām[6], est placé, depuis décembre 2012, sur la liste des organisations terroristes par les États-Unis, et depuis mai 2014 sur la liste de l’ONU des organisations proches d’Al-Qaïda. Pas vraiment la meilleure garantie de leur modération (sic) tant vantée par certains…

Remarquez l’erreur d’interprétation n’est pas que française. Un câble diplomatique fuité par Wikileaks révèle que la secrétaire d’État Hillary R. Clinton elle-même a, un temps du moins, considéré que « les donateurs en Arabie Séoudite constituent la plus importante source de financement des groupes terroristes sunnites à travers le monde. (…). L’Arabie Séoudite reste une base essentielle d’appui financier pour Al-Qaïda, les Taliban, Lashkar e-Tayyiba et d’autres groupes terroristes y compris le Hamas, qui soulèvent probablement des millions de dollars chaque année à partir de sources saoudiennes, souvent pendant le Hajj et le Ramadan ».

Enfin, quelque part, ne souligne-t-on pas aussi que « de nombreux experts, dont l’auteur du Rapport de la Commission sur le 11 septembre Bob Graham, pensent que l’État Islamique en Irak & au Levant est un produit d’idéaux séoudiens, d’argent séoudien et de soutien organisationnel séoudien ».

| Q. Vous nous dites carrément que nous n’avons pas à discuter avec les tenants de l’Islam radical ?

Jacques Borde. Oui, il n’a rien (et je dis bien rien) à discuter avec ces gens-là, au sens large, ce qui, croyez-moi fait du monde ! Ce sont des barbares et des analphabètes. Et, théologiquement parlant, des débiles mentaux. Doublés de détraqués, comme le montrent tous les jours leur agissements, leur pratiques sexuelles et l’esclavage à l’égard de garçons et filles à peine nubiles. Même les animaux ne se conduisent pas de la sorte avec leurs semblables…

| Q. C’est à ce point-là ?

Jacques Borde. Oui. Un exemple quant à leur ignorance. Selon le Parisien, une femme en Burqa a été interpellée en train de brûler une Bible dans le XIIème arrondissement de Paris.

Quelle analphabète !

| Q. Pourquoi une analphabète ?

Jacques Borde. Oh, pour simplement ceci : Rappelons, en effet, que le Rasul ‘illah, le prophète de l’Islam Mahomet, est stricto sensu le Sceau des prophètes : c’est-à-dire celui des Rasuli (ou prophètes à livres) qui scelle la prophétie, mais ne fait pas table rase des révélations qui l’ont précédé !

De fait, l’islam reconnaît pleinement Issa (Jésus)[7]qui a amené El-Injil (orthographe à vérifier, L’Évangile aux hommes)[8]. Issa est présenté comme une « guidance et une lumière »[9], que les chrétiens, dans l’erreur, auraient négligées. L’auteur soufi Ibn-Arabi confère à Jésus le titre de « sceau de la sainteté » et de « plus grand témoin par le cœur ». Et nous dit qu’« Allah l’a élevé vers Lui. Et Allah est Puissant et Sage »[10].

À rappeler aussi qu’ʿĪsā occupe une place prééminente dans le Coran. Alors que le texte sacré n’apporte que peu d’éléments biographiques sur Mahomet[11], le Coran mentionne Jésus une douzaine de fois. Non seulement, il place Jésus au rang des prophètes, mais, il lui donne des titres tels que Al-Masih (le Messie), de « Parole de Dieu »[12] et d’« esprit de Dieu »[13].

| Q. Que faire alors ?

Jacques Borde. Il n’y a rien à faire avec ces gens. Nous sommes en guerre avec eux. Leur sort doit être celui des nazis. Et, pour les terroriste intérieurs takfirî : celui des kollabos lors de l’Épuration en 1945. Ni plus, ni moins…

| Q. Aucun modèle ne trouve grâce à vos yeux ?

Jacques Borde. Si. Je suis assez admiratif de ce qu’ont réussi à bâtir, ou plutôt rebâtir nos frères et sœurs libanais : une société plurielle. Mais, à se rappeler la guerre civile par laquelle ils ont dû passer ! En espérant que les honteuses erreurs de l’Occident en Syrie voisine ne finissent pas par avoir raison du Liban. Dieu nous en préserve.

| Q. Vous avez un exemple de ce modèle libanais ?

Jacques Borde. Beaucoup. Mais, parmi les images qui me trottent par la tête, j’ai, notamment, celle-ci : lors d’une première du film de Ridley Scott, Kingdom of Heaven, parmi les dernières images du film, on voit Saladin, vainqueur, relever un calice chrétien et le reposer à sa place : la scène a fait se lever la salle entière, chrétiens et musulmans réunis. C’est aussi ce genre de choses le Liban. Plus beaucoup d’autres. Chez nous, hélas : les loups sont entrés dans la ville et nos église de plus en plus livrées aux incendiaires et aux profanateurs…

| Q. Mais que voulez-vous qu’on fasse de nos églises ?

Jacques Borde. Tout simplement que l’on passe, enfin, à une immigration chrétienne, d’Orient essentiellement, qui, elle, saura se battre pour nos clochers. Le reste c’est du bavardage et seulement du bavardage…

Notes

[1] Sans parler de son rôle à propos de la Libye et de son tropisme pour Riyad.
[2] Marianne (septembre 2016).
[3] Challenges n°490 (22 septembre 2016)
[4] Pour Observation-orientation-décision-action. Appelé aussi Cycle de Boyd.
[5] S’est déroulée du 26 mai au 11 juin 1942 . Pendant ces seize jours, la 1ère Brigade française libre (future 1ère Division française libre) du général Kœnig y résista aux attaques des forces italiennes et allemandes (DAK) de Rommel.
[6] Ou Front pour la victoire du peuple du Levant, ou de manière abrégée Front al-Nosra.
[7] Ou ʿīsā. Appelé indistinctement Îsâ ou Yasū’a par les chrétiens d’Orient et spécifiquement les Arabes chrétiens, le nom Yasū’a ou Yazu correspondant au nom Jésus, Yeshua, Yeshu.
[8] La plus ancienne version arabe de la Bible serait celle de Hunayn Ibn-Ichaq au IXe siècle, mais elle n’a pas été préservée.
[9] Sourate 5, 46.
[10] Sourate 4, 158.
[11] N’y est cité que quatre fois.
[12] Sourate 4, 21.
[13] Sourate 91.

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