La DGSE perd trois agents en partance pour Misrata (Libye).

| Guerre Vs DAECH | Jacques Borde |

Un Fairchild SA227 Merlin IV, immatriculé N577MX1, s’est écrasé le 24 octobre à 7h20 peu après son décollage aux environs de l’aéroport de Luqa (Malte). Les cinq occupants de l’appareil – dont trois membres de la DGSE & deux contractants privés – sont décédés dans l’accident, aux circonstances non encore élucidées. L’aéroport a rouvert en fin de matinée.

L’avion appartenait à la société luxembourgeoise CAE Aviation, spécialisée dans les missions ISR de surveillance de frontières, de lutte anti-trafics et anti-immigration, etc. Selon des responsables de l’aéroport. Il s’est écrasé quelques secondes après son décollage, vers 7h20.

Paris, par l’entremise du ministre français de la Défense, Jean-Yves Le Drian, a reconnu que l’appareil menait bien « des missions de reconnaissance en Méditerranée pour le compte du ministère français de la Défense ».

Parmi les cinq personnes à bord, trois travaillaient pour la Direction générale de la sécurité extérieure (DGSE) et deux étaient des salariés de la société CAE. La flotte de CAE Aviation est composée de Beechcraft 300/350/A100, Fairchild SA227, Britten-Norman, CASA 212-300 et Cessna Grand Caravan.

Une enquête interne a été ouverte « pour déterminer les causes de l’accident, en coordination avec les autorités locales », a ajouté le ministère, qui a refusé de préciser la destination de l’avion ou l’objet de sa mission. Mais Il a rapidement été confirmé que les trois membres  de la DGSE intervenaient notamment en Libye lors de missions de Renseignement, et que, cette fois-ci, l’appareil avait pour objectif  Misrata en Libye.

Côté maltais, on a, dans un premier temps, tenté de faire croire que les cinq victimes étaient des douaniers français chargés d’un vol de surveillance des trafics de migrants et de drogue. Information démentie par la Douane française.

La nature des passagers (sic) n’est pas une franche nouveauté : à de nombreuses reprises des appareils de la petite compagne ont opéré au profit de la DGSE et de la DRM, mais également pour le compte de l’Union européenne dans le cadre des missions EUNAVFORMED/Sophia ou Frontex.

Quant aux aéroports maltais, ils sont connus pour avoir servi de plate-formes de départ (ou de transit) à destination de la Libye au temps où ce pays était soumis à embargo. Rien d’étonnant à ce qu’ils continuent à être utilisés de la sorte par les SR occidentaux pour leurs missions en Libye.

Certains se surprendront que d’aussi petits appareils soient ainsi chargés de notre lutte contre le terrorisme takfirî en Libye. On leur rappellera que la France manque cruellement de moyens matériels pour accomplir sa guerre de l’ombre.

À titre de comparaison, notre armée de l’Air, elle aussi exsangue, n’a pu conduire à bien que 12 missions d’interdiction pour empêcher Al-Dawla al Islāmiyya fi al-Irāq wa al-Chām (DA’ECH)2, d’occuper des positions ou pour entraver sa progression, dans le cadre de la  bataille de Mossoul, qui est pourtant une priorité majeure pour l’administration Hollande.

Notes

1 D’autres sources parlent d’un Fairchild Metroliner Mark III.
2 Ou ÉIIL pour Émirat islamique en Irak & au Levant.

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