Requiem pour un Lame duck

18 novembre, 2016

| États-Unis | Présidentielles | Eber Addad |

Fin de partie pour un Barack H. Obama, qui, in fine, aura encore plsu raté son second mandat que le premier. L’analyse d’Eber Addad sur le sujet.

Barak Obama est arrivé à la fin de son deuxième mandat et il est, comme ça s’appelle ici, un Lame duck president soit un canard boiteux. Ça veut dire qu’il n’a plus aucun pouvoir puisque le Congrès lui même est en transition et qu’il ne peut prendre aucun engagement d’autant moins que son successeur est un opposant. En général ce statut de « canard boiteux » commence après la deuxième année du deuxième mandat quand il ne reste plus de temps pour faire voter des lois et les appliquer. Donc pour ses deux dernières années le Président élu deux fois ne fait qu’expédier les affaires courantes. C’est ainsi que ça marche depuis plus de deux siècles et il n’est pas question d’en changer.

Obama n’a agi comme ses prédécesseurs et a pris des engagements ces deux dernières années qu’il n’a pas le pouvoir de faire respecter mais il s’est néanmoins comporté différemment de tous les autres présidents sachant pertinemment que c’était de la gesticulation futile. Il s’est un peu inspiré de Bill Clinton qui avait accepté le Protocole de Kyoto alors qu’il savait très bien qu’il reviendrait à son successeur de l’entériner en même temps qu’il a essayé de faire avancer, avec le succès que nous savons, le processus de paix entre Ehud Barak et Yasser Arafat. Obama entame un tour d’Europe où il va aller porter la bonne parole pour rien puisqu’il n’est plus rien. Il peut encore provoquer des dégâts, à l’ONU notamment, mais une fois qu’il aura quitté son poste le 20 janvier 2017 à midi ce sera effacé d’un trait de plume comme tous les executive orders (sorte d’article 49.3 qui contourne le législatif) qu’il a pris parce qu’il n’auront pas la solidité et la pérennité d’une loi votée par le Congrès. Obama a opté pour une présidence impériale et s’en est donné à cœur joie pour faire passer des lois non votées mais qui sont aussi faciles à faire disparaître qu’à promulguer. Ce ne sera pas le cas d’Obamacare qui, elle, a été votée par le Congrès, aveuglément et de manière irresponsable, puisque la plupart des Sénateurs et Députés (Représentatives) qui l’ont approuvée ne l’avaient même pas lue !

Cette loi est un désastre et est déjà en faillite car 80% des compagnies d’assurances qui y participaient arrêteront de le faire au 31 décembre 2016. Elle sera un vrai casse-tête pour le prochain président, Trump en l’occurrence, qui devra agir par paliers ou par étapes et sera contraint d’en garder une partie, au moins temporairement, pour ne pas léser les millions de personnes qu’Obamacare couvre actuellement. Et ce n’est pas, de la part de Trump, une reculade de ne pas l’abroger d’un trait de plume mais la seule façon prudente et réaliste de le faire.

Que va-t-il rester de l’héritage d’Obama pratiquement rien à part le désordre au Moyen-Orient qui risque de durer encore longtemps, les relations tendues avec la Russie et une incertitude internationale pas vue depuis la fin de la Guerre froide. Sur le plan intérieur la réforme de santé ou Obamacare, l’étendard de sa présidence, ne lui survivra pas non plus ayant été mal conçue, mal rédigée et mal appliquée. C’était un leurre, et ce sera très coûteux sans aucun avantage pour le public. Il reste également des tensions raciales qui avaient largement disparues avant sa présidence et qu’il a volontairement attisées pour des raisons politiques afin de détourner toutes critiques en les qualifiant de racisme. J’espère que ces tensions raciales disparaîtront avec lui. La seule chose positive qui restera de ses deux mandats est qu’il a ouvert la voie et montré que l’Amérique n’était pas le pays raciste qu’on veut bien dire puis qu’un président noir, venant d’une minorité donc, a pu y être élu deux fois avec un électorat à 80% blanc. Cela montrera aux enfants noirs qu’ils peuvent, à l’instar de n’importe quelle autre ethnie ou minorité, devenir président de leur pays ou y jouer un rôle constructif.

Obama pensait et disait, qu’il inaugurait une nouvelle ère aux États-Unis et que ce pays se dirigerait désormais et immanquablement vers la gauche. Là également il s’est planté puisque le recentrage vient d’avoir lieu. L’Amérique se gouverne au centre et elle continuera de le faire après Obama, pendant Trump et même avec le successeur de celui-ci.

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