Le Caire-Washington : Vers une nouvelle entente

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L’élection du Républicain Donald Trump à la présidence des États-Unis laisse à espérer une relance des relations entre Le Caire & Washington.

L’élection de Donald Trump à la Maison-Blanche a été plutôt bien accueillie en Égypte. Le président Abdu l-Fattāḥ as-Sīssī a ainsi été le premier chef d’Etat à féliciter le nouveau président des États-Unis. Avant les élections, le président déclarait lors d’une interview à la chaîne américaine CNN : « Je n’ai aucun doute qu’il sera un bon dirigeant ». Lors de son voyage à New York en septembre dernier, pour assister à l’Assemblée générale de l’ONU, le président Sissi avait eu un entretien avec Donald Trump. Jamais un candidat républicain à la présidence des États-Unis n’avait accueilli un leader du monde musulman durant sa campagne. Trump avait alors déclaré que les États-Unis seraient un « ami loyal » et fiable de l’Égypte et « pas seulement un allié ». Des propos que le président égyptien n’a pas tardé à reprendre à son compte pour adresser ses félicitations au 45e président des États-Unis. Dans un communiqué, la présidence égyptienne souligne que « l’Égypte et les États-Unis entretiennent des relations stratégiques spéciales depuis plusieurs décennies (…) L’Égypte s’attend à ce que la présidence de Donald Trump insuffle une nouvelle vie aux relations égypto-américaines et davantage de coopération et de coordination au bénéfice des deux peuples égyptien et américain, et qu’elle promeuve la paix, la stabilité et le développement au Moyen-Orient eu regard aux immenses défis auxquels la région est confrontée ».

Pour sa part, le conseiller de Donald Trump, Walid Pharès, a déclaré dans un entretien à la presse que la nouvelle équipe présidentielle américaine « n’oubliera pas l’Égypte et aidera même ce pays dans tous les domaines. Washington sera un ami proche de l’Égypte, et Trump a beaucoup de considération pour ce pays. C’est pour cette même raison que Le Caire sera la première destination de Trump au Moyen-Orient et en Afrique du Nord », a déclaré Phares.

Au parlement égyptien, beaucoup de députés se sont réjouis de l’élection de Donald Trump. « La victoire de Trump va changer pour le mieux les relations avec les États-Unis. Elle sera à mon avis bénéfique pour le Proche-Orient », pense Ahmad Al-Awadi, député et membre de la Commission de la sécurité nationale au parlement. Il affirme que l’élection de Trump à la Maison-Blanche est « une mauvaise nouvelle pour les Frères musulmans, DA’ECH  et autres groupes islamistes ».

| Sur la même longueur d’onde

Les relations entre Le Caire et Washington avaient connu un certain froid après la révolution du 30 juin 2013 et la chute du régime des Frères musulmans. Les Américains voyaient alors d’un mauvais œil la trajectoire politique du nouveau pouvoir en Égypte. L’Administration Obama avait alors suspendu l’aide fournie à l’Égypte et retardé les livraisons d’armes au Caire avant de les rétablir en avril 2015. L’Administration Obama avait également, à plusieurs reprises, critiqué le registre des libertés en Égypte. Des mesures qui ont exaspéré Le Caire et l’ont poussé à se rapprocher de la Russie. « Il est probable que Donald Trump adopte une politique différente de son prédécesseur. Il a annoncé qu’il ferait de la lutte contre DA’ECH et contre les djihadistes sa priorité. Une politique qui convient parfaitement à l’Égypte, elle-même engagée dans une âpre lutte contre les djihadistes dans la péninsule du Sinaï », explique Hicham Ahmed, professeur de sciences politiques à l’Université du Caire. Et d’ajouter qu’une telle politique mettrait les deux pays sur la même longueur d’onde.

« Si Trump durcit la politique de lutte contre le terrorisme, bien sûr, cela va rapprocher l’Égypte et les États-Unis. On peut s’attendre à une fortification des relations militaires entre les deux pays, surtout dans le domaine des renseignements, de la formation et de l’armement. On peut aussi s’attendre à des visites mutuelles entre les deux présidents, contrairement à ce qui s’est passé durant les deux ou trois dernières années », analyse Ahmed. Les présidents Sissi et Obama ne se sont rencontrés face à face qu’à une seule occasion, en marge des réunions de l’Assemblée générale des Nations-Unies en 2014. Ahmed affirme cependant que la politique de Donald Trump n’est pas encore suffisamment claire et qu’au-delà des déclarations électorales du nouveau président des États-Unis, il faut attendre encore quelque temps avant d’y voir plus clair.

© Al-Ahram Hebdo.

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