Affaires étrangères : Trump fait un bras d’honneur au cartel russophobe

| États-Unis | Géostratégie | Boulevard Voltaire | André Archimbaud |

C’est fait. Trump, qui dès demain va être confirmé à son poste par les Grands électeurs, a choisi pour futur secrétaire d’État le prince mondial des énergies fossiles, Rex W. Tillerson, le PDG d’ExxonMobil.

Trump a choisi pour futur secrétaire d’État le prince mondial des énergies fossiles, Rex Tillerson, le PDG d’ExxonMobil. Le futur président marque ainsi son territoire, impavide : ce sera la souveraineté ou rien.

En commençant par la relance économique mondiale, et une stratégie énergétique indépendante du terrorisme islamiste. D’où le choix de Rex Tillerson, décoré par Poutine de l’Ordre de l’Amitié (Орден Дружбы) en 2012, après un accord majeur de 500 milliards de dollars signé entre les deux en 2011. Un accord stoppé net par les sanctions économiques, Tillerson n’étant pas parvenu, malgré une dizaine de rencontres ou de discussions, à convaincre Obama d’y surseoir.

Ce peut aussi être l’aube d’un rééquilibrage vis-à-vis de la Chine, la Russie revenant dans le giron américain au moment où Trump vise à faire rentrer dans le rang l’empire du Milieu, le désignant progressivement comme « adversaire principal » : financier, monétaire, industriel et géopolitique.

Il s’agirait donc, pour la nouvelle révolution américaine, d’animer une nouvelle triade du tangible (les trois empires russe, chinois et américain), tout en se prémunissant contre le successeur mondial du communisme : l’islamisme radical. Quant à l’Europe, elle devra se restructurer ou… imploser.

Il va de soi que le complexe militaro-industriel, plus particulièrement Boeing et Lockheed, ne sont pas très heureux de ce nouveau président qui utilise la méthode du tweet pour faire baisser leurs cours de Bourse lorsqu’ils ne sont pas sages. Ou lorsqu’il annonce que le pantouflage sera interdit pour tout fonctionnaire en charge de la négociation des contrats d’État.

Adieu, la guerre en mer Baltique ! Adieu, la « libération » de Kaliningrad ! Adieu les nouveaux contrats surfacturés.

Ceci explique la récente violence des démocrates, exprimée dans les grands médias, qui n’en reviennent toujours pas d’avoir perdu l’élection avec une aussi mauvaise candidate, furieux de voir l’opinion publique se rallier à Trump et consternés par l’envolée de la Bourse depuis cinq semaines. Rien de tel, en effet, que des baisses d’impôts, des projets d’infrastructure, la déréglementation des PME, une politique de l’énergie qui repose sur un impératif de sécurité nationale, le tout servi par l’affichage d’une équipe gouvernementale composée de self-made-men, de financiers proches de Wall Street (eh oui !) comme de généraux… pour espérer la réorganisation des bureaucraties et le retour à la prospérité.

Ceci explique également la division des Républicains, entre d’une part « les pieds nickelés » qui vivent à la remorque du lobby industriel de la Défense – à savoir les sénateurs John McCain, Lindsey Graham, et Marco Rubio —, lesquels se sont ralliés à la diabolisation démocrate d’un Trump devenu agent soviétique (pardon, russe !) et les autres, qui n’aiment pas Trump, mais vont faire de l’obstruction parlementaire aux tentatives d’évincement de Trump en échange d’une soupe qui commence à bon sentir…

Reste qu’un « coup d’état légal » n’est pas à exclure le 19 décembre, jour de l’élection officielle du président par le collège électoral élu le 8 novembre dernier. Les morts-vivants du projet Open Borders sont toujours là. George Soros contre le pétrole?

© Boulevard Voltaire .

Facebooktwittergoogle_plusredditpinterestlinkedinmail