La Syrie, ou ce qu’il en reste

19 décembre, 2016

| Guerre Vs DA’ECH |  Eber Addad |

Analyse sans concession d’Eber Addad sur le chaos qui nous environne. Elle diverge sensiblement de ce que vous lisez d’ordinaire sous les plumes qui s’expriment sur ce blog ! Une excellente raison de lire ce texte. Ce texte regroupe deux interventions d’Eber Addad sur Facebook.

La Syrie, ou ce qu’il en reste, la « Syrie utile », est passée du stade de protectorat à celui de colonie russe. Son indépendance n’aura même pas duré un siècle….

Née le 17 avril 1946 de plans dessinés en 1916 par Mark Sykes le Britannique, et par le Français, François Georges Picot, oncle de Giscard d’Estaing, son existence turbulente due à sa création artificielle, agglomérat de peuples différents qui n’ont pas vraiment cherché à vivre ensemble, n’a jamais permis de créer une véritable nation. La mosaïque de peuples, d’ethnies et de religions différentes n’a tenu que grâce à la férule des nombreux dictateurs qui l’ont dirigée et qui ne permettaient pas la moindre dissidence.

Cette mosaïque a maintenant éclaté et même la poigne de fer d’Assad, le président héréditaire, n’a pas pu garder ce pays en un seul morceau. Malgré l’assistance iranienne et de ses supplétifs du Hezbollah, l’appui militaire russe et depuis quelques temps la participations de Tchétchènes, violents et sans états d’âmes, emmenés par la Russie, les troupes gouvernementales ont eu du mal à reprendre Alep, en grande partie détruite, à l’État Islamique, ville qui sera probablement la frontière de cette « Syrie utile », en réalité un « Alaouistan », abritant de manière durable et inconditionnelle les deux bases russes actuelles, celles de Tartous et Lattaquié, qui seront très vraisemblablement agrandies et probablement suivies d’autres implantations civiles et militaires russes à travers ce pays.

Tout le reste du pays échappe au pouvoir central, et le reste est très vaste, plus des 3/4 du pays, et les Russes ne feront rien pour le remettre à l’intérieur des frontières syriennes; l’armée de Bachar n’en a pas les moyens.

Désormais toutes les décisions pour la Syrie se prendront à Moscou. La géopolitique du Moyen-Orient a commencé à changer et continuera de le faire de manière irrévocable et sans retour au passé. De nouvelles alliances se sont faites, beaucoup totalement inattendues et la donne va changer dans toute la région.

Dans quelques années, dix ans au maximum, le Moyen-Orient sera une région très différente de celle qu’on connaît depuis plus d’un demi-siècle et de nouveaux pays vont émerger dont le Kurdistan. Inutile de dire que le retour au calme, même précaire, n’est pas pour demain.

À suivre…

(…)

On nous avait dit que DA’ECH, EI, ISIS, ISIL, appelez-les comme vous voulez, avaient été éradiqués, d’abord par les Russes puis par la coalition, après par la prise toujours imminente depuis un mois de Mossoul, ensuite par la chute d’Alep, enfin par celle de Syrte, par les frappes chirurgicales, par les troupes Tchétchènes, etc, etc…

Ceux d’entre nous qui ne croient ni aux balivernes, ni à la propagande de bazar, ni aux communiqués d’une presse servile et manipulatrice, ni au Père Noël savaient très bien que ce n’était pas vrai. DA’ECH n’est rien et n’existe pas vraiment par elle-même. C’est juste une composante d’une hydre à plusieurs têtes qui s’appelle « l’islamisme militant et terroriste ».

On n’a pas fini de couper une tête que d’autres repoussent à côté, encore plus cruelles, plus lâches, plus dévastatrices… c’est cette idéologie qu’il faut combattre mais ce n’est pas en l’acceptant dans certains endroits et en la combattant dans d’autres qu’on y arrivera… l’hypocrisie, l’incompétence, les paroles en l’air, la gesticulation futile, les défilés bien organisés de chefs d’états, les pancartes de sympathies, les « je suis… » qui fleurissent dans l’instant, les chansons d’amour, les cataplasmes sur jambes de bois, les commémorations de toutes sortes, la manipulation de ceux qui nous gouvernent et de la presse bien-pensante qui leur est inféodée n’arriveront à rien.

Cette internationale islamiste sévit partout et bénéficie de complicité, de réseaux, de logistique et de sympathie dans le monde entier. Elle n’est pas près de disparaître. Hier c’était à Paris, Orlando, San Bernardino, Djebel Chambi, Fort Hood, Sousse, Londres, Lahore, Tel-Aviv, Le Bardo, Madrid ou Bruxelles, aujourd’hui c’est au Caire, en Somalie, à Istanbul, demain ce sera ailleurs, là ou ils auront choisi de frapper et de faire le maximum de victimes. Ils disposent de ressources, autant humaines que financières, infinies et on ne peut pas les applaudir ici et les condamner là.

On ne peut combattre DA’ECH et approuver le Hamas, on ne peut pas se taire quand c’est au Nigeria et hurler quand c’est à Nice. Le terrorisme islamiste est « UN » et il doit être combattu dans son ensemble par tous ceux qui l’abhorrent et par tous ceux qui en sont ou seront ses potentielles victimes. Autrement il faut s’attendre à l’avoir avec nous et le subir pour des années voire même des décennies..

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