Obamexit ! Fin d’un monde ou d’une Parenthèse sans grand intérêt ? [1]

9 janvier, 2017

Obamexit ! Fin d’un monde ou d’une parenthèse sans grand intérêt ? [1]
| États-Unis | Géostratégie | Questions à Jacques Borde |

Rarement le départ d’un locataire de la Maison-Blanche aura fait couler autant d’encre. &, par opposition, celle de son successeur, à la fois, suscité autant de craintes & d’espoir. Épitaphe grinçante sur une fin de règne aussi décevante que l’homme qu’elle concerne. 1ère partie.

« Ni oubli, ni pardon, ni reconnaissance diplomatique, ni négociations. Destruction du pseudo-État islamique. Totale. Partout. Maintenant ».
Une amie Internaute sur Facebook. Dorénavant, cette phrase sera notre Delenda Carthago est1.

| Q. Quid du débat sur le remplacement express d’ambassadeurs mis en place par Trump ?

Jacques Borde. Là c’est du grand n’importe quoi ! Et, comme l’a souligné à juste titre Eber Addad, rappelant que « … la presse française excelle dans la fausse information ». Tout ceci n’est que la norme Outre-Atlantique où « Chaque président nomme de nouveaux ambassadeurs quand il prend ses fonctions mais il ne s’agit que du remplacement des ambassadeurs amis de l’ancien et qui ont été nommés ou en remerciement de leurs donations, ou à titre honorifique pour leur prestige comme ça avait été le cas de Shirley Temple nommée ambassadrice au Ghana par Reagan. Ces diplomates sont peu nombreux et, en général, secondés par de vrais professionnels. Les diplomates de carrière, eux, ne sont pas affectés par le changement d’administration ».

| Q. Pourquoi ce débat, alors ?

Jacques Borde. En raison de la volonté politique de dénigrer Donald J. Trump par tous les moyens, pardi. Mais, pour reprendre encore Eber Addad, « Çà n’a pas beaucoup d’importance et en général on en parle très peu, la presse étrangère jamais mais là comme on œuvre dans la propagande et non pas dans l’information on fait feu de tous bois ».

Mais ce qu’on appelle, aux États-Unis, le Spoils system, qui fait qu’une nouvelle administration arrive avec une partie de ses personnels pour remplacer ceux de l’équipe sortante fait partie des habitudes.

| Q. Le Spoils system ?

Jacques Borde. En français : système des dépouilles. Le principe2 veut que tout nouveau gouvernement, devant pouvoir compter sur la loyauté partisane des fonctionnaires – partisane au sens étasunien de parti, évidemment – substitue à ceux qui sont en place ses fidèles. Historiquement, le Spoils system est mis en place sous la présidence d’Andrew Jackson qui, après son élection, remplace la quasi-totalité des membres de l’administration fédérale. Jackson considérait que le peuple donne mandat au gagnant pour choisir les fonctionnaires dans ses rangs. Qui plus est, pour Jackson, le service public ne devait pas être réservé à une élite mais accessible à tous.

Ce qui est, effectivement, la trame que privilégie Donald J. Trump, qui d’ailleurs n’a pas hésité à installer une personnalité de sensibilité démocrate au poste de National Security Adviser, le lieutenant-général Michael T. Mike Flynn3.

| Q. C’est parce que Trump se définit comme Jacksonien que cela inquiète ?

Jacques Borde. Inquiéter qui ? Nos media analphabètes, alors !

Rappelons que, verbatim Wikipédia, « L’apogée du système se situe des années 1850 jusqu’au milieu des années 1880, date à laquelle le Pendleton Civil Service Act (1883) rationalise la fonction publique fédérale ».

Concrètement, la transition entre les administrations Obama et Trump, fera que quatre mille cent (4.100) membres de l’administration seront nommés par le président élu. Douze cents d’entre eux (1.200), ceux qui occuperont des postes à haute responsabilité (secretaries, assistants, dirigeants des principales agences gouvernementales et ambassadeurs), devront d’abord être auditionnés au Sénat4, qui validera au rejettera leur nomination.

Donc, on voit mal de quels abus on va bien pouvoir nous rebattre les oreilles.

Comme toujours, c’est l’émoi instrumentalisé de nos media perfusés à l’or golfique qui est à la fois imbécile et grotesque. Pas de quoi troubler les Américains, en tout cas. Les faire rire, à peine.

| Q. Pour rester dans l’original quid de cette histoire d’Obama se faisant décorer pour services rendus au pays ?

Jacques Borde. Apparemment, sauf méga-montage, elle est vraie à 100%. Le président sortant s’est fait remettre sa médaille en chocolat.

Qui plus est par son US Secretary of Defense, Ashton Baldwin Ash Carter. Les familles des morts et des vétérans de ces fronts ou Obama et ses prédécesseurs ont envoyé leur jeunesse se faire tuer apprécieront.

Comme l’a fait remarquer Eber Addad, « Quand on dit qu’on a jamais vu un président avec un tel ego, sans la moindre notion du ridicule et n’ayant honte de rien on est encore loin de la réalité. Ni Mussolini, ni Caucescu ni même Bokassa 1er n’avaient osé s’attribuer une médaille honorant leur service public, ils l’ont peut être rêvé mais Obama l’a fait! Il se fait décorer par son ministre de la Défense nationale, Ash Carter, comme le montre cette photo… Ubu roi ! Je ne me souviens pas avoir vu dans une démocratie un président en fonction s’attribuer une médaille pour s’honorer ! Il va pouvoir l’exposer dans sa bibliothèque à côté de son petit prix Nobel… ».

Nous sommes au comble du grotesque, mais on n’est jamais si bien servi que par soi-même !

Notes

1 En français : Il faut détruire Carthage, ou plus littéralement : Carthage est à détruire). Selon la tradition, Caton l’Ancien prononçait cette formule à chaque fois qu’il commençait ou terminait un discours devant le Sénat romain, quel qu’en fût le sujet.
2 Qui existait déjà dans les colonies britanniques. Quelque part, donc un héritage très british.
3 Ancien directeur, de 2012 à 2014, de la Defense Intelligence Agency (DIA, Agence du Renseignement militaire), répond aux besoins du président des États-Unis, du US Secretary of Defense, du Joint Chiefs of Staff (JCS, Comité des chefs d’état-major interarmées). Michael T.Flynn est l’auteur avec Michael Ledeen de The Field of Fight: How We Can Win the Global War Against Radical Islam & Its Allies. St. Martin’s Press. ISBN 1250106222.
4 Public hearings (audiences publiques) dans la majorité des cas, ce me semble.

Andrew Jackson, Trump, Michael T. Flynn, Obama,

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