Présidentielles US : Suite & (peut-être) fin…

23 janvier, 2017

Présidentielles US : Suite & (peut-être) fin…
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Encore du Eber Addad (mais on ne s’en lasse pas) sur les présidentielles de la Grande république. Bonne lecture à tous.

C’est, je l’espère, mon dernier post sur les élections présidentielles US. Il y a 18 mois que ce processus a commencé et il s’est maintenant achevé. J’ai l’impression qu’un siècle est passé tellement ça a été long entre les Primaires, les Générales, tout ce qui s’y est dit et tellement ça a été, par moment, fastidieux, parfois outrancier et toujours compliqué particulièrement cette année. Mais le pire de tout c’est que ça a servi de révélateur aux propagandistes qui nous entourent, et surtout, qui nous étranglent, aussi bien aux États-Unis qu’en France et très probablement dans un tas d’autres pays. La presse, les instituts de sondage, les experts en tous genres et les politologues se sont tous plantés à l’exception d’une poignée de gens, infinitésimale par rapport à l’énorme majorité de ceux qui nous intoxiquent.

Trump a été élu, point barre.

Fin de l’histoire. Mais certains commentaires depuis mardi dernier m’ont troublé alors qu’ils auraient dû plutôt m’amuser. Surtout ceux venant de personnes vivant en France et qui nous expliquent, en toute modestie, que le système électoral américain est injuste et mauvais. Venant de citoyens français ou de résidents en France, pays à forte tradition jacobine et donc hyper-centralisé, je trouve incroyable qu’ils puissent juger un système qui a fait ses preuves depuis 1787, soit de 2 ans plus ancien que la Révolution Française, pour un pays qui a, en outre, une organisation politique diamétralement opposée à celle de la France. Des élections dans une fédération de 50 états, sur 6 fuseaux horaires, ne peuvent pas se dérouler comme dans un pays plus petit et centralisé. Çà paraît évident mais pour certaines personnes, ça ne l’est pas. Les cultures et les mentalités politiques, les choix économiques et les traditions sont totalement différentes mais rien n’y fait : on veut absolument que le vote aux États-Unis se déroule comme en France sinon ce n’est pas juste. Je me demande si les réactions auraient été les mêmes si Hillary Clinton avait gagné.

D’autres personnes ont décidé, elles, que Trump n’était pas qualifié pour être président. Basé sur quoi, on se le demande ?

En démocratie la seule qualification pour être président c’est le bulletin de vote. Si on gagne on est qualifié. Le système fait le reste, si l’élu n’est pas à la hauteur, les institutions s’en chargeront et le renverront sans le moindre état d’âme. En Amérique on n’élit pas un empereur qui a tous les pouvoirs, le président n’est qu’une partie de ce pouvoir avec le législatif et le judiciaire. Il a moins de pouvoir que le président français qui lui, en plus, dispose d’un parlement servile sinon docile. Et c’est sans compter sur le pouvoir de la presse qui, bien que non élue, a une énorme influence sur la politique du pays. Pour ce qui est des voix populaires par rapport au nombre de grands électeurs, ça arrive, et c’est déjà arrivé une demi-douzaine de fois au moins, sans jamais remettre en question le système. Même la candidate malheureuse n’en fait pas mention. C’est la règle du jeu et on ne la change pas au milieu de la partie. Les manifestants anti-Trump sont, pour la plupart, des personnes anti-système qui n’ont pas voté et même si elles étaient 100.000, 200.000 ou même plus, ce qui n’est pas le cas, elles ne représentent rien dans un pays de 324 millions d’habitants. C’est tout à fait illégitime. En outre le nombre de votants a été plus ou moins le même que d’habitude, 55,8%, un peu moins que lors des dernières élections. Les voix pour Trump ont coûté 63% moins cher que celles pour Clinton et il a dépensé moins de la moitié qu’elle et c’est sans compter les « superPACS » ou « Comités d’Action Politiques », qui ne sont même pas comptabilisés. Trump a déjà 290 délégués soit 20 de plus qu’il n’en faut et dans le Michigan ou les résultats ne sont pas encore définitifs il mène et va, très vraisemblablement, se retrouver avec 306 délégués et la majorité des voix populaires.

Cela dit je ne suis pas un inconditionnel de Trump, je ne suis inconditionnel de personne. J’ai voté et ai pris carrément parti pour lui car j’étais totalement opposé à Hillary Clinton. Mais j’attends de le voir à l’œuvre, les cent premiers jours et ensuite les deux premières années pour savoir si on a fait le bon choix ou non. On l’aura à l’œil et on verra s’il va tenir ses promesses. De juger maintenant son travail alors qu’il reste 67 jours pour qu’il prenne ses fonctions relève au mieux du comique si ce n’est du parti-pris systématique voire d’une totale irresponsabilité.

États-Unis, Clinton, Trump,

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