La dissuasion nucléaire, Épisode 1 : la Clef de l’indépendance

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Intéressante synthèse de la dissuasion nucléaire française, publiée sur le site de la DCNS. Pas de nom d’auteur visible. Absence que nous corrigerons dès que possible. Texte repris in extenso. 1ère Partie.

Une étude1 réalisée par la Fondation pour la recherche stratégique souligne l’importance de la filière industrielle pour la crédibilité de la composante océanique de la dissuasion nucléaire française, en matière de potentiels technologiques, de compétences mais aussi d’activité économique et d’emplois. Pour donner du sens à cette analyse, il convient de rappeler dans un premier temps les fondamentaux du domaine.

En 1972, le Sous- marin nucléaire lanceur d’engins (SNLE) Le Redoutable engageait sa première patrouille océanique. Cet événement représentait l’accession de la France à une nouvelle composante de la dissuasion destinée à frapper « en second », par exemple en réplique à une frappe massive sur le territoire français, en complément de la composante aéroportée et de la composante terrestre. Depuis, les moyens de dissuasion ont traversé une série d’évolutions d’ordre politique, doctrinal2 ou matériel mais toujours selon le respect des principes de la dissuasion pour préserver l’intégrité du territoire national contre toute agression. Ces principes sont l’indépendance, la liberté d’action et de décision et la stricte suffisance, c’est-à-dire au plus bas niveau possible au vu du contexte stratégique. Les processus actuels de renouvellement des forces s’inscrivent dans cette logique.

| La FOST, élément clé de la manœuvre dissuasive.

La Marine nationale met en œuvre la composante océanique de la dissuasion, la Force océanique stratégique (FOST) avec les SNLE et les centres de transmissions. Elle entretient également la force aéronavale nucléaire embarquée sur le porte-avions Charles -de-Gaulle, tandis que l’armée de l’Air est en charge des Forces aériennes stratégiques. Aujourd’hui la flotte de 4 SNLE permet d’en maintenir 3 dans le cycle opérationnel et de garantir la permanence d’au moins un SNLE à la mer en temps de paix.

| Pérennisation de la dissuasion nucléaire.

Le Livre blanc 2013 sur la Défense & la Sécurité nationale, puis la Loi de programmation militaire 2014-2019 ont réaffirmé la place centrale de la composante océanique. Le premier a défini une étape vers le modèle d’armée à l’horizon 2025 avec la poursuite de la modernisation des deux composantes de la dissuasion et la préparation de leur renouvellement. Adaptation de deux des quatre SNLE de 2e génération au missile M51 d’un côté, et de l’autre, lancement des travaux d’élaboration du SNLE de 3e génération destiné à les remplacer au-delà de 2030, ainsi que le développement de la future version du missile M51.3. Ces travaux prennent la suite des études préliminaires « futur moyen océanique de dissuasion » (FMOD). L’enjeu est d’assurer le maintien à niveau des capacités de dissuasion, donc leur crédibilité, sur la période 2030-2080.

| Indépendance et autonomie de conception, de production, de mise en œuvre & d’entretien de l’outil de dissuasion.

La filière industrielle, dont DCNS comme maître d’œuvre, a une place essentielle pour maintenir le potentiel scientifique, technologique et industriel qui permet à la France depuis 5 décennies de figurer parmi le cercle restreint des États concepteurs, producteurs et opérateurs de SNLE. Le Livre blanc 2013 établit ainsi : « Elle seule peut garantir la sécurité d’approvisionnement en équipements de souveraineté et en systèmes d’armes critiques, comme leur adaptation aux besoins opérationnels ».

| Les grands jalons de la part des crédits d’équipements consacrée à la dissuasion.

– Années 1960 : les crédits nucléaires représentent un peu plus de 50 % des crédits ou 0,17 % du PIB (point haut historique)
– Années 1980-1990 : 30%
– 2001 : 18% (point bas)
– 2001-2015 : remontée à 21-23% liée au nouveau missile M51 et à la réalisation du SNLE Le Terrible en version M51.1 + IPER Adaptation

(Source : ministère de la Défense 2015)

1 Étude publiée en octobre 2016.
2 Suppression de la composante sol/sol puis réduction des forces océaniques (passage de 6 à 4 SNLE) et aéroportées.