Le Nouvel avion de combat MiG-35 se comporte comme un F-16 C/D ?

14 février, 2017

| Russie | Défense aérienne | Ziarul de Gardà,| Valentin Vasilescu |

Passionnant (comme toujours) papier de Valentin Vasilescu sur le MiG-35, le nouveau chasseur-bombardier développé pour la Vozdushno-Kosmicheskiye S’ily (VKS)1 et l’export. D’entrée deux choses à noter : tous les spécialistes s’accordent à dire que le MiG-35 n’est pas la énième mouture du MiG-29 Fulcrum, mais bien plus un nouveau système d’armes. Ensuite, comme le souligne Valentin Vasilescu, ce MiG-35 – assez similaires aux dernières versions du F-16 – n’est pas un appareil de 5ème génération. Pour autant, à l’export, il apportera un plus certains aux armées de l’air qui en feront l’acquisition. Les notes (sauf la note 2) sont de la rédaction de BforBORDE.

Le 26 Janvier 2017, la force aérienne russe a commencé à tester un lot en pré-production du nouveau MiG-35, qui est un dérivé du MiG-29. Le prototype MiG-35 a volé pour la première fois en 2007 ; maintenant l’avion est complètement changé et doté d’une nouvelle avionique. Le MiG-29 plus ancien est un avion léger produit par Russian Aircraft Corp. MiG (RAC MiG, dont le nom initial était Mikoyan Gurevich Design Bureau), avec des qualités aérodynamiques exceptionnelles et le taux de montée le plus élevé de tous les avions multi-rôle (330 m/s). Le MiG-29 est entré en service en 1982. Il y a eu 1.600 unités produites. Dans le combat militaire, le MiG-29 a été dépassé par le F-15 et le  F-16 en raison de son avionique inférieure. La raison en est que jusqu’en 2004, la Russie ne disposait pas des fonds nécessaires pour la recherche dans le domaine de l’avionique pour améliorer et remplacer le matériel ancien.

Contrairement à RAC MiG, Lockheed a préféré apporter des améliorations continuelles au F-16, en particulier dans l’avionique, au lieu de concevoir un autre avion de génération 4++. Depuis 1978, ils ont construit 4.500 avions, dans tous les modèles : F-16A/B (Block 1/5/10/15/20) et F-16C/D (Block 25/30/32/40/42/50/52), et le F-16E/F (Block 60) étant la dernière version, qui dispose d’une grande partie de l’équipement de l’avion de 5ème génération F-35 Lightning II. L’US Air Force opère 900 F-16.

Pour obtenir la performance du MiG-29 la plus proche de celle du F-16, l’usine aéronautique de RAC MiG/Sokol de Nijni Novgorod (400 km à l’est de Moscou) a développé des versions modernisées tels que les MiG-29M/M2, MiG-29SMT et MiG-29 K/KUB (sur porte-avions). Le MiG-35 est la dernière version du MiG-29 et n’est pas destiné à être un avion d’interception, étant donné qu’il est inférieur au F-22, F-35 et F-15. Avec le MiG-35 C, les Russes visent à réduire le coût des vols de 2,5 fois, à augmenter la capacité du MiG-29 pour frapper des cibles au sol, et à se défendre contre des avions de génération 4++ tels que le F-16 C/D, Saab Gripen, Rafale, Eurofighter Typhoon et le F-18C/D.

| Mises à jour.

La cabine du MiG-29 a été redessinée. Le MiG-35 a un EFIS (Electronic Flight Instrument System) contenant trois MFD (affichage multifonction) à écrans LCD couleur qui affichent des données de navigation, ainsi que des lectures de la situation tactique, le contrôle moteur, du carburant et des équipements spéciaux. En outre, il est équipé du système de désignation des cibles HMTDS (Helmet-Mounted Target Designation Systems) et il possède l’affichage HUD (Head-Up Display, affichage tête haute) sur le pare-brise. Il utilise un système de commande de vol fly-by-wire avec trois canaux. Le système de communication du MiG-35 comprend deux nouvelles stations radio, l’un d’eux servant également de ligne de données secrètes. La ligne de données transmet, par satellite, des informations à partir des centres de commandement basés au sol ou sur navires, et des points de contrôle, et aussi à partir des systèmes détection embarqués et appareils de contrôle (AWACS/AEW). Cela procure au MiG-35 des informations supplémentaires et fiables sur la situation aérienne, ce qui augmente ses possibilités de remplir sa mission.

Les deux moteurs RD-33TVN ont augmenté la poussée à 9.000 kg chacun. Contrairement au MiG-29, les moteurs du MiG-35 ont été équipés de BARK (surveillance numérique & systèmes de contrôle), ils ont une consommation spécifique faible, n’émettent pas de fumée et ont une très faible empreinte infrarouge. Les moteurs RD-33TVN ont vectorisé les tuyères de poussée qui lui permettent de se déplacer de haut en bas et de gauche à droite par 15-30 degrés. Ces améliorations. « ont permis aux MiG-35 de voler à très basse vitesse sans limitation d’angle d’attaque, et assuré qu’il restera également contrôlable à vitesse nulle et ‘vitesse négative’ (arrière-avant) pour des périodes prolongées »2. La poussée Vectorielle permet l’exécution de manœuvres brusques avec de grandes surcharges pour éviter des missiles air-air ou sol-air. En outre, il existe des réservoirs3 de carburant fixés dorsalement (derrière le poste de pilotage) et à l’endroit où les ailes rencontrent le fuselage. La capacité de carburant interne a été portée à 950 litres, ce qui augmente le rayon de vol normal à 2.000 km.

| Le radar Zhuk-AE.

La principale source des données aériennes et au sol est le radar Zhuk-AE. Un radar AESA (Active electronically scanned array) peut repérer des cibles aériennes à une distance de 160 km et à 300 km pour les navires de surface. Le radar peut suivre 30 cibles simultanément et traiter 6 d’entre elles. Les radars du type antérieur, PESA (Passive electronically scanned array), avaient une antenne en forme de cône tournant à 360 degrés pour diriger les ondes radar en un faisceau étroit. Le panneau de l’antenne du radar AESA sur le MiG-35 est composé de 1.000-2.000 modules TR (émetteurs-récepteurs). Les modules sont disposés dans le nez, l’aile ou le fuselage, et fonctionnent indépendamment l’un de l’autre. Le faisceau radar est modélisé numériquement et inséré dans un espace très étroit délimité par un ordinateur. L’ordinateur sélectionne la puissance du rayonnement émis par chaque module TR en quelques millièmes de seconde. En outre, chaque module TR peut être programmé pour fonctionner soit uniquement en tant qu’émetteur ou seulement en tant que récepteur, en exécutant des fonctions différentes en parallèle. Deux ordinateurs CIP (Common Integrated Processor) assistent le radar.

| L’équipement optoélectronique.

Le MiG-35 a un système de ciblage/navigation inertielle combinant la radio et l’équipement GPS. L’équipement de navigation inertielle BINS-SP2 est produit par KRET en collaboration avec SAGEM Défense-France et est basé sur trois gyromètres laser et trois accéléromètres quartz. Cet équipement est connecté au sous-système pour les conditions de faible visibilité et de guidage des armes. Sur les avions de 5ème génération américains F-22 et F-35, les équipements de navigation et les systèmes de guidage des armes de précision ne sont plus installés sur les points d’assemblage ; le MiG-35 a copié la solution de la 5ème génération et ces dispositifs sont incorporés dans l’avion. Un système de contrôle de tir OLS-35 de type IRST (recherche par infrarouge) est monté dans le nez et est utilisé dans le combat aérien. Un OLS-35 peut localiser un avion après la découverte d’une émission de chaleur à 50 km en « hémisphère avant » et à 90 km « face à l’hémisphère arrière ». Le MiG-35 est équipé d’un pod interne FLIR (Forward-looking infrared) monté sous le moteur droit de l’avion. Il est utilisé pour la navigation de nuit et il affiche une image du terrain survolé, ce qui permet l’identification des cibles. Le pod FLIR permet également un guidage autonome des munitions de précision, comme dans les avions militaires américains. Le pod FLIR a un télémètre laser pour mesurer la distance qui sépare de la cible (jusqu’à 20-30 km) et un projecteur laser pour guider les bombes et les missiles.

Après avoir écarté de l’utilisation des points de montage pour l’équipement optoélectronique, le MiG-35 a augmenté le nombre de point d’emport de 6 à 94, avec la charge utile maximale passant de 4.800 à 7.000 kg.

| L’équipement de combat radio-électronique.

L’équipement EW (guerre électronique) comprend un récepteur de radar d’alerte à large bande avec une antenne répartie sur toute la surface des ailes et le fuselage. Le MiG-35 a des capteurs optiques de type MAWS (système d’avertissement d’approche de missile), dans le spectre ultraviolet, monté sur le fuselage, la queue et les ailes, qui avertissent le pilote de toute approche de missile air-air. Le système d’EW peut également détecter les tirs de MANPADS (Système de défense sol/air portable) ou de systèmes de courte portée sol/air (10 km), de système sol/air de moyenne ou longue portée (30- 50 km). Le microprocesseur de l’EW évalue le temps avant l’impact des missiles ennemis et contrôle le matériel de contre-mesures électroniques actives ou passives. L’équipement EW est maintenu par la firme italienne Elettronica (il intègre le dispositif ELT/568-V2, le « brouilleur d’autoprotection d’auto-défense contre la Défense anti-aérienne contrôlée par radar »).

Les tests du MiG-35 doivent être achevés en 2018, avec un premier lot de 37 MiG-35 qui sera livré à l’armée russe en 2019. La force aérienne russe exploite environ 250 MiG-29 et prévoit de les remplacer par 170 MiG-35. La première commande étrangère pour les MiG-35 vient de l’Égypte, qui a signé un contrat en 2015 pour l’achat de 50 MiG-35, d’une valeur de 2 milliards $US.

Notes

1 Ou Forces aérospatiales russes. Créées le 1er août 2015 suite à la fusion de la Voïenno-vozdouchnye sily Rossiï (VVS, armée de l’Air) avec les Voïenno Kosmicheskie Sily ou (UK-VKS, Troupes de défense aérospatiale.
2 Air Force Technology .
3 Également appelés réservoirs non-conformes.
4 La possibilité de 10 points d’emport a été étudiée, mais pas retenue à ce stade.

© Ziarul de Gardà, & South Front.

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