Afrique, Levant, Ukraine : Qu’en a dit le Quai d’Orsay au 7 juillet 2017

| Quai d’Orsay | Point de presse du 7 juillet 2017 | Extraits |

Comme cela nous a été suggéré par quelques lecteurs historiques du blog ; Nous reprenons une vieille habitude : reposter les Q&R du Point de presse quotidien, tenu au Quai d’Orsay. Ces reprises seront faites sans commentaire de notre part. Bonne lecture à tous.

| Q. M. Viktor Ianoukovitch a informé la presse qu’il veut intervenir auprès des instances compétentes pour poser la question de la responsabilité des garants de son accord avec l’opposition signé en février 2014 en présence des représentants de la Pologne de l’Allemagne et de la France. Quelle est votre réaction ?

R. La priorité de la France, comme M. Jean-Yves Le Drian l’a redit hier lors de la rencontre avec son homologue russe, reste d’œuvrer dans le cadre du Format Normandie, aux côtés de l’Allemagne, afin de permettre aux parties de progresser dans la mise en œuvre des accords de Minsk.

| Q. Le ministre a déclaré hier que Paris et Moscou souhaitaient travailler ensemble sur la question des armes chimiques en Syrie. Comment une collaboration est-elle possible alors que les points de vue divergent totalement sur la réalité des attaques à l’arme chimique, Moscou rejetant notamment les conclusions du dernier rapport de l’OIAC ?

R. La Russie reconnaît comme nous l’emploi de gaz sarin lors de l’attaque du 4 avril 2017, et le recours au gaz moutarde lors de l’attaque du 16 septembre 2016. Ces deux attaques récentes ont fait l’objet d’enquêtes de l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques et de rapports techniques précis.

C’est sur cette base que nous souhaitons travailler avec la Russie, dans le cadre des enceintes internationales appropriées, en particulier à l’OIAC. Nous avons, la Russie, comme la France, le même intérêt à protéger le régime de non-prolifération chimique.

| Q. Craignez-vous que le conflit dans le Golfe s’enlise et vous inquiétez-vous d’un impact sur vos intérêts économiques dans la région ?

R. Comme nous l’avons rappelé, notre priorité va à l’apaisement rapide des tensions. Nous réitérons à ce titre notre soutien à la médiation koweïtienne et souhaitons que les parties puissent retrouver le chemin du dialogue et trouver une réponse pérenne à leurs différends. Il en va de la stabilité de la région et de l’efficacité de notre lutte collective contre le terrorisme.

Les exportations de la France vers les six pays du Conseil de coopération des États arabes du Golfe (CCEAG) représentent 10,4 milliards d’euros en 2016 et un solde commercial positif de 4,8 milliards d’euros. Ces pays sont des investisseurs majeurs en France. Les tensions actuelles dans le Golfe sont pour l’instant sans effet sur ces échanges, mais cette crise n’est dans l’intérêt politique et économique de personne. La France, compte tenu des enjeux touristiques et aéronautiques très importants avec ces pays, reste très attentive, en particulier à l’évolution de la situation de leurs compagnies aériennes.

| Q. La situation en Centrafrique ne cesse de se dégrader avec une MINUSCA en difficulté et un gouvernement qui peine à asseoir son autorité. Que propose la France pour essayer de débloquer cette situation ?

R. Comme nous avons eu l’occasion de l’indiquer à plusieurs reprises ces dernières semaines, la France suit avec attention la situation en République centrafricaine, en étroite concertation avec ses partenaires africains, européens et internationaux.

La France réitère son soutien au président Touadéra et aux autorités centrafricaines et appelle l’ensemble des partenaires de la RCA à rester engagés à leurs côtés. Nous encourageons l’ensemble des acteurs centrafricains à agir dans un esprit d’unité et de réconciliation nationale.

La France condamne fermement les violences perpétrées par les groupes armés et appelle à un cessez-le feu immédiat et à la mise en œuvre rapide du processus de désarmement, démobilisation, réinsertion et rapatriement.

La France salue l’action de la MINUSCA, qui paie un lourd tribut pour la protection des populations civiles en République centrafricaine. Elle encourage la mission à poursuivre la mise en ouvre robuste de son mandat. La France soutient le renforcement des moyens de la MINUSCA et vient à cet effet de déployer une unité de 7 drones au sein de la mission.

En étroite coordination avec les autres bailleurs, la France participe également, à titre bilatéral et européen, à l’aide au développement, en appuyant le renforcement des capacités de l’administration centrafricaine et la fourniture de services aux populations, notamment en matière d’éducation et de santé.

Nous soutenons également le processus de montée en puissance de l’armée centrafricaine, avec l’apport de la mission européenne de formation EUTM, à laquelle nous contribuons activement.

La France appuie par ailleurs les demandes de la RCA en matière de lutte contre l’impunité et soutient notamment la mise en place de la cour pénale spéciale en RCA par la mise à disposition d’un magistrat français et une contribution à la formation des magistrats.

 

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